Ma toute première rencontre avec la pratique traditionnelle, un matin à Londres en 2014…

En 2014, j’habite à Londres où je termine mes études de droit. Un matin, j’ai rendez-vous avec une amie pour un café avant les cours. Elle annule à la dernière minute, alors que je suis déjà sur place. Grande question : que faire à Covent Garden à 7h30 du matin ?
À l’époque, mon budget est serré, alors je repère les studios de yoga du quartier en fonction des promotions qu’ils proposent. L’un d’eux affiche une offre intéressante. Un cours commence justement à 7h30 : je décide de tenter ma chance.
J’arrive un peu en retard et m’excuse. L’accueil me rassure en souriant : « Pas de problème, c’est le Mysore, tu peux arriver quand tu veux. » Je n’ai aucune idée de ce que cela signifie, mais j’entre dans la salle.
Surprise : pas de musique, pas d’instructions collectives, seulement le souffle profond des pratiquants. La salle est pleine, on me demande d’attendre pour installer mon tapis. Le professeur, Brett Porzio, s’approche et me demande si j’ai déjà pratiqué l’Ashtanga. Je réfléchis et lui réponds que j’ai dû en faire « quelques cours » dans une salle de sport. Confiance absolue : je pratique le yoga depuis assez longtemps, je me sens prête. À ma grande surprise, il hoche la tête et… s’éloigne.
Me voilà seule sur mon tapis. Je regarde autour de moi : certains font des salutations au soleil. Je m’élance, très fière, et improvise une version enrichie de guerriers inversés, comme dans mes cours de vinyasa.
Le professeur revient à grands pas :
— « C’est quoi ? »
— « Guerrier inversé », dis-je, sûre de moi.
Il fronce les sourcils :
— « Quoi ??! »
Je me sens soudain un peu perdue. Après un soupir, il tranche, d’un ton ferme :
— « Samasthitiḥ. Mets-toi à l’avant du tapis, pieds joints. Cette pratique est exigeante : tu viens tous les jours. Ok ? »
Et il me guide alors dans ma toute première expérience de l’Ashtanga.
J’en ressors à la fois rincée et remplie d’énergie. Je reviens tous les jours… jusqu’à la fin de l’offre promotionnelle, qui coïncidera avec le départ de Brett pour de nouvelles aventures loin de Londres.
Cette rencontre ne marquera pas le début d’une pratique quotidienne soutenue mais ce jour-là, la première graine d’Ashtanga fut plantée – un moment fondateur de ma longue histoire d’amour avec cette pratique.


Laisser un commentaire